Je suis un artiste incompris

Elle a d’abord cru que c’était la marque de la ceinture. Elle était nue face au miroir, en train de regarder ce ventre rond dans lequel je prenais désormais toute la place. Elle a baissé la tête, pour essayer de mieux voir, mais rien à faire : sa vision n’atteignait plus le versant inférieur du ventre. Les seuls à avoir ce privilège étaient le gynécologue (souvent), la sage-femme (très souvent), l’esthéticienne (pas assez) et mon père (les jours de fête).

Elle s’est donc approchée du miroir, son ventre tendu vers l’avant, les mains en soutien. Oui, c’était bien ça. Le bandeau du pantalon avait imprimé quelques plis sur la peau, ce serait parti le lendemain.
Elle est allée se coucher en suivant le rituel quotidien bi-mensuel : s’enduire le ventre d’huile et masser doucement. J’aime bien ce rituel, j’ai l’impression de me faire masser aussi. Mon père, lui, apprécie beaucoup moins. Les premières fois, il comparait ma mère à une frite, mais il a arrêté quand il a réalisé que ça provoquait invariablement une envie de frites chez ma reum. Maintenant, il la compare à une plaque de beurre, bizarrement ça provoque moins d’envies. Quoique. Avec un peu de pain frais…

Le lendemain matin, elle s’est levée sans y penser. Jusqu’à ce qu’elle rencontre le miroir et réalise que les traces étaient encore là. L’espace d’un instant, elle a envisagé la possibilité qu’il s’agisse de traces laissées par les draps. Mais quand même, c’était étrange qu’elles soient exactement au même endroit que la veille au soir. Il lui fallait ouvrir les yeux, accepter l’inacceptable.
C’était bel et bien des connasses de vergetures. Trois connasses de vergetures, pour être tout à fait exact. Sans doute le papa, la maman et le bébé. Ou le papa, la maman et l’amant, que sais-je.

Lire la suite »

Pluie de couleur dans ma chambre

Ma mère aime à penser qu’elle a d’autres talents que celui d’être polyglotte (français, anglais, espagnol, argot). Pour s’en convaincre, régulièrement, elle se met en quête de créations diverses et variées qu’elle pourrait donner à réaliser à ses dix doigts, pour les détourner un peu de leur ami Azerty.

C’est ainsi que récemment, en quête de quelque chose de sympa pour habiller le plafond (très haut) de ma chambre, elle a trouvé le Graal sur le site Lait Fraise. Un mobile nuage plein de couleur et de poésie, apparemment facile à réaliser. Alors elle a acheté tout le matériel nécessaire et s’est attelée à la tâche.
Environ cinq décennies plus tard, le mobile était terminé. Et, à ma grande surprise, j’ai eu la drôle d’impression que c’était pas mal. Alors j’ai mis une photo sur ma page Facebook et mes doutes ont été confirmés : ma reum avait déchiré.

Vous avez été quelques uns à demander comment elle avait fait et le lien vers Lait Fraise n’a pas suffi, puisque le DIY n’a pas été suivi à la lettre. En effet, vu que dans ma chambre le mobile est destiné à être accroché au plafond et non au lit, il fallait qu’il soit plus imposant et costaud. Ma mère a donc pris la recette de base (que vous trouverez ici) et y a apporté quelques petites modifications.

Lire la suite »

1 mois

1 mois

4 semaines et demi

31 jours

744 heures

2 678 400 secondes

C’est le temps qu’il reste avant que je regarde une dernière fois ma grotte, que j’emprunte le tunnel sous ma mère et que je fasse mon arrivée au grand air. Un petit mois.
Le compte à rebours a commencé. Je suis prêt. J’espère que toi aussi.