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L’annonce

Je ne sais pas comment ça s’est passé chez toi, mais j’ai cru comprendre que normalement, l’annonce d’une grossesse se fait d’abord au principal intéressé, c’est à dire le père. Mais chez moi, ils faut croire qu’ils aiment ne pas faire comme les autres.

Après avoir répété chaque matin le même rituel (pipi dans un verre – pipi sur les doigts – test trempé – attente stressée – test négatif – dépression), ma mère avait perdu tout espoir d’être enceinte ce mois. Alors, ce soir-là, les raisons qui l’ont poussée à utiliser son dernier test restent obscures, même pour elle. Toujours est-il que j’ai senti ma grotte sauter dans tous les sens et entendu un hurlement aigu qui m’ont rendu reconnaissant de ne pas encore avoir d’oreilles.

Mon père était au travail et rentrait tard. Ma mère refusait de lui annoncer la nouvelle par téléphone, elle devait donc patienter quatre heures avant de partager sa joie.
Quatre heures.
Autant dire une vie entière pour ma mère, qui en a bien été incapable. Les premières personnes à avoir été mises au courant de mon existence sont donc, dans l’ordre : ma tante, ma grand-mère, ma grande-tante, la meilleure amie de ma mère et, enfin, mon père.

Autant te dire que j’appréhende un peu ma sortie. D’ici à ce qu’elle me présente au voisin avant de me présenter à mon père…

 

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Une histoire de taille

Maman,

Du fond de ma grotte, j’entends ta voix répéter encore et toujours la même chose : « Ils sont énormes », « Ils vont exploser ».

Je me demandais de quoi tu pouvais bien parler. J’ai tout imaginé : les chiens de la voisine, les boutons sur le dos de papa, les melons au supermarché. Mais ce n’était pas ça. J’ai compris lorsque tu t’es comparée à Lolo Ferrari. Oui parce que je ne suis peut-être pas encore né, mais je ne suis pas pour autant inculte.
Ce qui est énorme, ce qui va exploser, ce sont tes seins. Et ça te met en joie.

Maman, je voudrais te dire : je suis heureux que tu aimes tes nouveaux seins, vraiment. Je suis content que tu passes ton temps à les admirer, à les peloter, à les exposer. Je suis fier d’être la cause de cette métamorphose et de cette euphorie.

Mais je voudrais aussi t’avertir que ça ne va pas durer. Dans quelques mois, quand je passerai des heures à les mâchouiller, tu souhaiteras qu’ils reprennent leur forme initiale, quitte à ce qu’ils ressemblent à des sacoches vides. Dans quelques mois, tu ne les montreras plus à personne, tu voudras qu’ils disparaissent. Dans quelques mois, tu prieras pour qu’ils explosent VRAIMENT.

Alors profite bien, ça ne va pas durer.

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Au commencement

Certains parlent d’une cigogne, d’autres préfèrent raconter une étrange histoire de chou ou de rose. Entre toi et moi, je me demande qui peut bien avaler ça. J’ai la phobie des transports aériens, alors je peux te dire que si j’étais arrivé à bord d’un oiseau, je m’en souviendrais. Et je ne sens ni le chou, ni la rose.

Non, je ne me leurre pas. Je sais pertinemment que si je suis là, c’est que mon père a planté sa petite graine dans ma mère. Et vu qu’il n’a pas la main verte, il y a fort à parier qu’il ne s’agissait pas de jardinage. Je préfère ne pas imaginer ce qu’ils ont fait exactement, je suis un peu pudique. Franchement, qui aime imaginer ses parents en train de jouer au docteur ?

 

J’aimerais te dire que j’ai été conçu lors d’une douce soirée de septembre, à la lueur des bougies, sur une musique sensuelle.
Mais j’ai décidé de ne pas te mentir. Et la vérité, c’est que ma mère a fait pipi sur une bandelette qui lui a indiqué qu’elle était en période d’ovulation, qu’elle a hurlé à mon père de venir la besogner fissa, qu’elle a ensuite fait la chandelle pendant un quart d’heure pour aider la nature, qui a fait le reste.

Depuis, mon père se vante d’avoir des spermatos de compétition, ma mère répète à longueur de temps qu’elle est aussi fertile qu’une souris nymphomane. Et moi, j’observe ça en me disant que j’aurais pu mieux tomber.
Mais je sens que je vais bien m’amuser.

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