Tu l’avais promis, juré, craché, il y a des choses que tu ne ferais pas en devenant mère. Tu ne voyais pas pourquoi ça changerait, c’était décidé, ce serait comme ça et pas autrement. Les femmes ne sont pas des genres de mutants qui se transforment une fois devenues mères quand même.
Et puis il est né. Et tes certitudes sont mortes.

« Même sous la torture, je ne ferai pas de trucs dégueux »
Avant, t’étais légèrement sensible de l’estomac. C’est à dire que les trucs un peu crades, tu préférais les confier à quelqu’un d’autre sous peine de redécorer le parquet couleur chocolat avec morceaux en option. Alors quand tu voyais des mères changer une couche pleine de gastro en souriant ou essuyer une tache de vomi avec les doigts, tu serrais les dents et tu l’affirmais haut et fort : JAMAIS tu ne ferais ce genre de truc. Même sous la torture d’une chanson de Christophe Maé.
Et puis il est né. Et tu t’es mise à aimer chaque parcelle de son petit corps. Et ce qui en sortait. Petit à petit, sans que tu t’en rendes compte, tu t’es mises à renifler le cul de ton bébé, à essuyer avec ta salive les taches de carotte qu’il a sur la joue, à postillonner sur sa purée pour la refroidir et à aspirer sa morve. C’est bien simple, si t’avais pu te faire un collier avec son cordon ombilical, tu l’aurais fait.







